Il existe, au creux d'une vallée boisée d'Ombrie, un lieu qui ne ressemble à aucun autre dans l'hôtellerie mondiale. Eremito n'a pas de chambre double. Pas de télévision, pas de wifi dans les celles, pas de bruit de moteur. C'est un ancien ermitage du XIVe siècle, relevé pierre par pierre, et pensé pour une seule chose : rendre une personne à elle-même. Son créateur l'appelle un « hôtel de l'âme ». La formule est juste — et rare.

Le lieu

Eremito se tient au bout d'un chemin de terre, dans une réserve naturelle près de Parrano, à la frontière de l'Ombrie et du Latium. L'ancien monastère a été restauré dans un esprit monacal assumé : des celles individuelles, sobres et chaudes, taillées pour le retrait. L'éclairage se fait à la bougie. Le silence est la règle du soir. On y vient seul, et c'est précisément le geste qui fait l'expérience : Eremito est l'un des très rares lieux au monde conçus intégralement pour la retraite en solitaire, sans la solitude subie. Détachement numérique total, rythme lent, longues marches dans la forêt et les sources thermales alentour.

La cuisine

La table est végétarienne, farm-to-table, nourrie par le potager et les producteurs de la vallée. Les dîners se prennent en silence, à la lueur des bougies, comme un office. Ce n'est pas un décor : c'est une discipline du goût et de l'attention. Manger sans parler, sans écran, sans hâte, transforme l'acte en méditation. Pour qui travaille la nutrition comme une voie de conscience, cette table est déjà un terrain d'entente.

Marcello Murzilli — l'éco-pionnier

Eremito est l'œuvre de Marcello Murzilli, figure atypique : créateur de la marque de vêtements El Charro, il a quitté le monde de la mode pour devenir un pionnier de l'éco-hôtellerie. On lui doit déjà l'Hotelito Desconocido, éco-lodge mexicain devenu une référence. Avec Eremito, il a poussé sa recherche à son terme : un lieu qui ne vend pas du luxe au sens habituel, mais du dépouillement haut de gamme — le confort réduit à l'essentiel, et l'essentiel rendu somptueux.